Omarthrose : comprendre et traiter l'arthrose de l'épaule en kiné
L’omarthrose kiné, mais qu’est-ce que c’est ? Eh bien, il s’agit en réalité du nom scientifique de ce que l’on appelle l’arthrose de l’épaule. C’est est une pathologie dégénérative affectant l’articulation entre la tête humérale et la glène de l’omoplate. Bien que moins fréquente que l’arthrose touchant le genou ou la hanche, elle peut sérieusement altérer la qualité de vie en raison des douleurs qu’elle provoque et de la diminution de mobilité qu’elle entraîne. En étant masseur-kinésithérapeute, vous êtes en première ligne pour identifier cette pathologie, accompagner vos patients et leur proposer des solutions adaptées. Encore faut-il être au point sur cette pathologie. 👉🏻 Au programme de cet article : une analyse approfondie de l’omarthrose, de ses causes, ses symptômes et des options thérapeutiques qui s’offrent à vous. Bonne lecture ! 😉
Une pathologie spécifique : qu’est-ce que l’omarthrose ?
L’omarthrose kiné est une forme d’arthrose qui se développe au niveau de l’épaule. Elle résulte d’une dégradation progressive du cartilage articulaire, un tissu essentiel qui agit comme un amortisseur et permet aux surfaces osseuses de glisser sans friction. Lorsque ce cartilage s’use, les os entrent en contact direct, ce qui engendre douleurs, inflammation et raideur.
Cette pathologie peut être centrée ou excentrée. L’omarthrose centrée survient le plus souvent de manière primitive, sans cause externe spécifique, bien que le vieillissement soit un facteur important. Elle se caractérise par une déformation de la tête humérale et la formation d’ostéophytes (excroissances osseuses). À l’inverse, l’omarthrose excentrée est généralement secondaire à une rupture massive de la coiffe des rotateurs. Dans ce cas, la tête humérale se déplace, ce qui accentue l’usure articulaire et provoque une perte de mobilité significative.
💡 Le diagnostic repose principalement sur un bilan radiologique. Des examens comme le scanner ou l’IRM permettent de préciser l’étendue de l’usure, d’évaluer les lésions tendineuses et de planifier une éventuelle intervention chirurgicale.
Les causes et les facteurs de risque de l’omarthrose kiné
Les causes de l’omarthrose sont multiples et souvent interconnectées. Le vieillissement est le principal facteur de risque, car le cartilage articulaire s’amincit naturellement avec l’âge. Cependant, d’autres éléments peuvent favoriser ou accélérer l’apparition de cette pathologie.
Les traumatismes, comme une luxation récidivante, une fracture mal consolidée ou une rupture de la coiffe des rotateurs, peuvent jouer un rôle considérable. Ces événements laissent souvent des séquelles sur l’articulation, créant un terrain propice au développement de l’arthrose. Les activités professionnelles ou sportives impliquant des mouvements répétitifs sollicitant l’épaule augmentent également le risque. Par exemple, un travail manuel exigeant ou la pratique régulière d’un sport nécessitant des gestes de lancer ou de levée de poids peuvent contribuer à l’usure prématurée du cartilage.
Enfin, des facteurs systémiques comme l’obésité ou des antécédents familiaux d’arthrose jouent un rôle. Dans certains cas, des maladies inflammatoires chroniques ou métaboliques aggravent l’état articulaire et favorisent le développement de l’omarthrose.
Symptômes : comment reconnaître l’omarthrose ?
Les manifestations cliniques de l’omarthrose varient selon le stade de la maladie. La douleur est le symptôme prédominant. Elle est souvent décrite comme sourde, profonde et localisée au niveau de l’épaule. Au début, elle survient principalement lors des mouvements ou des efforts sollicitant l’articulation, mais elle peut évoluer pour apparaître au repos, notamment la nuit. Certains patients rapportent également des douleurs matinales, qualifiées de « dérouillage », qui s’atténuent avec l’activité.
La raideur articulaire est une autre caractéristique majeure. Elle limite progressivement les amplitudes de mouvement, rendant difficile l’élévation du bras ou les rotations. Cette perte de mobilité peut être accompagnée de craquements ou de sensations de blocage, causés par le contact direct entre les surfaces osseuses.
Dans les cas avancés, la faiblesse musculaire s’installe. Les patients peinent à effectuer des gestes simples comme lever un objet ou se coiffer. L’évolution de ces symptômes dépend du type d’omarthrose : une omarthrose centrée entraîne souvent une raideur progressive, tandis qu’une omarthrose excentrée, liée à une rupture massive de la coiffe des rotateurs, se traduit davantage par une perte de force avec une mobilité relative préservée.
Les options de traitement pour l’omarthrose
À ce jour, aucun traitement ne permet de régénérer le cartilage détruit. L’objectif des interventions thérapeutiques est donc de soulager la douleur, de préserver la mobilité articulaire et de limiter la progression de la pathologie.
Approche médicale
Les antalgiques et les anti-inflammatoires constituent la base du traitement médicamenteux. Ils permettent de calmer les douleurs articulaires et de réduire les épisodes inflammatoires. Dans certains cas, des infiltrations de corticoïdes ou de produits de visco-supplémentation (acide hyaluronique) sont proposées. Ces injections, réalisées sous guidage radiologique, offrent un soulagement temporaire et peuvent ralentir la détérioration articulaire.
La rééducation omarthrose kiné : une option de rééducation à ne pas négliger
La kinésithérapie joue un rôle bien plus important que ce que l’on pense dans la prise en charge de l’omarthrose. Les objectifs de la kiné pour l’omarthrose sont multiples : réduire les douleurs, maintenir la souplesse articulaire, renforcer les muscles stabilisateurs et retarder la nécessité d’une intervention chirurgicale.
Les séances incluent des mobilisations passives et actives pour entretenir les amplitudes de mouvement, ainsi que des exercices de renforcement musculaire ciblés. Ces derniers visent à compenser la perte de fonction de l’articulation en sollicitant les muscles périphériques. La physiothérapie, notamment l’utilisation de la thermothérapie ou de l’électrothérapie, peut être intégrée pour soulager les douleurs.
Il est important de sensibiliser vos patients à l’importance de la régularité et de l’autonomie dans leur rééducation. Des exercices simples, pratiqués quotidiennement à domicile, complètent efficacement les séances.
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La chirurgie est-elle une solution en dernier recours ?
Lorsque les traitements conservateurs ne suffisent plus à soulager les douleurs ou à maintenir une qualité de vie acceptable, une intervention chirurgicale peut être envisagée. Deux types de prothèses sont utilisés selon la situation clinique :
- 1️⃣ La prothèse anatomique, posée en cas d’omarthrose centrée.
- 2️⃣ La prothèse inversée, privilégiée pour les omarthroses excentrées ou les ruptures massives de la coiffe des rotateurs.
La rééducation post-chirurgicale est essentielle pour optimiser les résultats fonctionnels et prévenir les complications. Elle doit être encadrée avec rigueur, en respectant les protocoles établis.
Prévenir l’omarthrose : la kiné a-t-elle son rôle à jouer ?
La prévention est un aspect souvent négligé, mais elle peut faire une différence significative dans la progression de l’omarthrose. En tant que kinésithérapeute, vous avez un rôle pédagogique auprès de vos patients. Expliquez-leur l’importance d’une activité physique régulière pour préserver la mobilité articulaire et renforcer les muscles stabilisateurs. Conseillez des gestes adaptés pour minimiser les contraintes sur l’épaule, notamment dans le cadre professionnel ou sportif.
🚨 Une attention particulière doit être portée à la posture et aux habitudes quotidiennes. Les patients en surpoids bénéficient d’un accompagnement visant une perte de poids, qui réduit la pression exercée sur les articulations. Enfin, les personnes ayant des antécédents de traumatismes articulaires doivent être suivies de près pour détecter précocement les signes d’usure.
👀 Et vous, comment gérez-vous vos patients atteints d’arthrose de l’épaule ? Quels exercices conseillez-vous ?